Plus de 1 personne sur 100 aurait manifesté en France hier. Sans doute plus de 1 sur 70 si on enlève les enfants. C'est juste énorme.
Les manifestants, c'est un peu comme les commentaires sur le net, on les regarde, on s'y intéresse, mais on évite de participer pour plein de raisons qui vont de la flegme, à la discrétion en passant par la volonté de rester sous les radars. Lorsque tout un chacun commence à lever la tête et dire "Moi aussi", c'est que le malaise n'est plus que grandissant, mais aussi insupportable.
La plupart des gens se foutent éperdument de la guerre en Iran, d'Israel ou encore des élections aux USA. La plupart ne font que regarder ce qui leur reste passé le début de mois (et les prélèvements tous azimuts) pour vivre un peu, voir vivre vraiment (c'est à dire se faire un tout petit peu plaisir). Pour qu'ils sortent de leurs pantoufles, il en faut vraiment beaucoup.
Ce "vraiment beaucoup" semble plus qu'atteint, dépassé, overdosé, parfois létal. Quasi aucun domaine épargné, même la pierre, refuge aussi solide que son sens de bas, semble battre de l'aile, tandis que nous démarrons une énième crise de l'immobilier (« Immobilier, la crise saison 2 » L’édito de Charles SANNAT) à force de taux élevés et de rendements minables, sans parler des couts de base de ce qui commence à ressembler à un luxe peu indispensable : être propriétaire.
Budget de la France en forme de Titanic, Chomage galopant, énergie hors de prix, alimentation marquée par le virus de l'inflation : les habitants de France ont froid, avant d'avoir faim, ou de se gaver de malbouffe. Et ils sortent de chez eux, vont dans la rue, parlent avec leurs semblables, et préfèrent parfois manifester plutôt que de regarder une série. Cela n'augure rien de bon. Et si les manifestations semblent croitre avec un esprit plus pacifique qu'annoncé au départ, ce n'est jamais que le fil du funambule, se détendant un peu plus à chaque instant, au risque de voir l'acrobate chuter lourdement - sans filet.
Alors que faire pour Soi, au coeur d'une économie qui étouffe ? D'une république qui fait rire jaune ? D'un discours global aussi optimiste qu'un vendeur de pompes funèbres ? C'est justement ce qu'il nous faut réinventer. Une petite bagarre quotidienne pour assurer notre pitance certes, mais surtout celle de nos enfants et petits enfants nés ou à venir. Mais il existe des solutions. L'autonomie pour commencer, mais qui reste transitoire, tout en permettant de garder le cap pendant la tempête, et enfin le courage, la créativité, le gout de l'effort, qui permettront de rebâtir.
A vos marques ..... Prêts ...... Partez. Le top départ, c'est 2027